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Réflexion & analyses

Renforcer les capacités des habitants à participer à la rénovation de leur quartier

Le projet « Participation des citoyens européens à la revitalisation de leur quartier » touche à sa fin cet été après 11 mois de collaboration entre CeRe (Roumanie), CSV Environment (Angleterre), PLS (Belgique) et Récits (France). Ces quatre associations stimulent les habitants à s'organiser ou soutiennent des comités de quartier afin qu'ils :

  • construisent une position collective et la défendent dans les espaces de consultation mis à disposition par les autorités municipales ;
  • plaident  auprès des pouvoirs publics une rénovation des quartiers en accord avec les besoins des habitants et non avec les intérêts économiques de promoteurs immobiliers ;
  • obtiennent la mise à disposition d'espaces publics fermés au public pour des activités d'intérêt général ;
  • invitent, mobilisent la communauté à prendre en charge l'entretien et l'animation d'espaces publics abandonnés par les autorités municipales faute de moyens.

Les quatre organisations ont accompagné des groupes d'habitants dans le développement de plans de revitalisation d'envergure différente : l'entretien et l'animation d'un parc, la mise en marche d'un nouvel espace vert ouvert au public, l'aménagement d'équipements publics jusqu'à des modifications drastiques du bâti et des infrastructures de tout un quartier. Suivant les territoires, différents degrés de collaboration entre la société civile organisée et les autorités publiques ont délimité la marge de manœuvre des activités développées tout au long du projet avec parfois, des postures de type « watch-dog » lorsque la collaboration était impossible. Néanmoins, le processus d'apprentissage mutuel entre partenaires et les visites de terrain à Marseille et Bucarest ont permis de mettre en perspective les actions menées par chacun au niveau local et de travailler les complémentarités entre les différentes approches (voir à ce sujet les rubriques « Un autre regard »).

 

Sur base des résultats obtenus dans quatre quartiers de l'Union européenne et de l'expérience des différentes parties prenantes au projet, un guide pédagogique est en cours d'élaboration afin de servir de ressources aux collectifs d'habitants et aux associations qui les accompagnent. Quatre films réalisés à Birmingham, Bruxelles, Bucarest et Marseille illustreront le propos de cet ouvrage.

Le travail mené conjointement au niveau européen prend donc fin mais les actions continuent dans le parc Sara (GB), à Vitrolles (FR), Bruxelles (BE) et Cartierul Tei or Orizont, Bucharest (RO). Les collectifs d'habitants continuent leur action de manière autonome et stimuleront à leur tour la naissance d'autres groupes actifs pour la revitalisation de leur quartier.

Le guide et les documentaires pourront être téléchargés en accès libre sur le site de chaque partenaire.

 

 

Edition 2010 des « Journées civiques européennes » à Malaga

Les journées civiques européennes ont été lancées en septembre 2008 à la Rochelle à l’initiative de la Commission européenne dans le cadre du programme communautaire « L'Europe pour les citoyens » qui couvre la période 2007-2013 et vise à associer activement les citoyens au processus d'intégration européenne et à augmenter le sentiment d'une identité européenne en encourageant le dialogue avec les institutions européennes. L'organisation de la première manifestation a été confiée au Forum civique européen, dans le contexte de la présidence française de l'Union autour du thème « Mobilité, dialogue, participation : vers une citoyenneté européenne active ». L’impact de ce premier évènement a conduit à le pérenniser en ouvrant la voie à la mise en place de deux grandes manifestations annuelles consacrées à la citoyenneté, soit une par présidence. Alors que ce premier épisode des journées civiques européennes avait été organisé par la plateforme civique européenne , les éditions suivantes se sont principalement fondées sur des plateformes d’ONG nationales. En 2009, les journées civiques qui ont eu lieu durant la présidence tchèque à Brno au printemps ont été axées autour de la crise économique et financière (“L’Europe des citoyens engagés – ressources et soutenabilité”); tandis que celles d’octobre à Örebro en Suède se sont organisées autour du thème « Réduire le déficit démocratique à travers la participation civile » .

Les 7, 8 et 9 mai 2010 se sont tenues à Malaga les « Journées civiques européennes : vers une citoyenneté sociale européenne » organisées par 13 organisations et plateformes sociales espagnoles1 dans le cadre de la Présidence espagnole du Conseil de l’UE et avec le soutien de la Commission européenne, du Gouvernement espagnol et des autorités locales et régionales . Cette dernière édition a rassemblé environ 650 personnes (soit une forte augmentation par rapport aux 250 personnes présentes à Örebro) ce qui montre un réel engouement pour cet évènement. Les participants provenaient du secteur associatif des 27 pays membres ainsi que des institutions européennes pour sensibiliser les citoyens européens et les institutions publiques sur le rôle des organisations de la société civile dans le fonctionnement démocratique et le développement social et économique des sociétés européennes . Les journées civiques européennes à Malaga ont été consacrées à la lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, à l’égalité des sexes, à la nouvelle société interculturelle, aux droits économiques et sociaux, à l’éducation aux valeurs civiques, à la citoyenneté active et participative et au développement du dialogue civil européen au niveau local et européen seront les thèmes principaux abordés.

 

Dans le cadre des ces journées civiques européennes, Pour la Solidarité a présenté une étude élaborée en collaboration avec ses partenaires hongrois (the European House) et espagnol (Fondacion ONCE) sur l’implication de la société civile des ces trois pays dans le cadre du Trio présidentiel.

 

 


1. Fundación educativa y asistencial CIVES, Plataforma de ONG de Acción Social, Plataforma del Voluntariado de España, Movimiento para la paz, el desarme y la libertad, Liga Española de la Educación y la Cultura Popular, Asociación Pro Derechos Humanos de España, Solidaridad Internacional, Federación de Mujeres Progresistas, ASDE, Fundación, Ferrer y Guardia, Movimiento Europeo, Red Española contra la Pobreza EAPN, Documenta

 

 

4ème Congrès régional des ONG à Vilnius

Le 4ème Congrès régional des ONG s’est déroulé à Vilnius (Lituanie) du 10 au 12 juin 2010. Ce congrès régional des ONG a vu le jour en 2006 à Varsovie (Pologne). Depuis lors un deuxième congrès s’est tenu à Kiev (Ukraine) en novembre 2007 puis un troisième en décembre 2008 à Penza (Russie). Ces congrès visent à fournir aux ONG d’Europe centrale et orientale une plateforme d’échanges leur permettant de discuter le rôle de leurs organisations dans le développement et la consolidation de la démocratie, de mette en lumière les possibilités de d’interaction et de coopération – notamment avec le Conseil de l’Europe - ainsi que de préparer des recommandations à destination des ONG de ces pays européens.

Le Congrès a été organisé par la Conférence des organisations internationales non gouvernementales (OING) du Conseil de l'Europe, le fond de défense des civils de Lituanie, et avec la participation du Comité organisateur. Le Congrès a été soutenu par le Parlement lituanien, le ministère des affaires étrangères lituanien, le bureau d’information du Conseil de l’Europe à Vilnius ainsi que la Direction Générale en charge de la démocratie et des affaires politiques du Conseil de l’Europe. Comme on peut le voir, le Conseil d’Europe joue un rôle fondateur. En effet, c’est à la suite du troisième sommet des chefs d’Etat et de gouvernement du Conseil de l’Europe en mai 2005 qu’a été introduit un nouveau projet pour les ONG nationales des pays membres du Conseil de l’Europe et le Bélarus. De là est né le congrès régional des ONG .

 

Le thème principal de ce 4ème Congrès régional des ONG a été « le rôle des ONG dans une démocratie pluraliste ». L’attention a été portée sur quatre sujets : la participation des ONG dans le processus décisionnel, l’état de la société civile, les activités des défenseurs des droits de l’homme et le rôle des ONG dans des situations post-conflits. Une centaine de personnes ont participé à ce congrès venant principalement d’ONG nationales polonaises, bélarusses, géorgiennes, ukrainiennes et russes.
Le thème du Congrès de Vilnius a soulevé des polémiques, atteignant souvent la sensibilité politique des intervenants. On peut par exemple mentionner un article du compte-rendu final demandant de faciliter l’accès aux VISA pour les militants des ONG dans les zones des Etats Membres du Conseil de l’Europe. Du fait des différents stades d’accès à la démocratie, certains des Etats membres du Conseil de l’Europe n’autorisent pas l’entrée de ces militants dans leur pays, où  les indices de démocratie  (selon « democracy index ») et  de liberté politique (selon « Freedom in the World report ») sont pourtant raisonnablement élevés.

En trois jours, nombre d’évènements, de sessions plénières, de groupes de discussions ont été organisés avec pour but de trouver un terrain d’entente concernant le rôle des ONG, leur champ d’action au niveau local, national et international et leurs relations avec les différents acteurs de la société civile (à savoir les Médias et le monde des Affaires). Le dernier jour a été consacré aux groupes de discussion dans lesquels des représentants de différentes ONG ont abordé des questions telles que la protection des droits des militants, le rôle des ONG dans les élections démocratiques ou encore la coopération des ONG au niveau régional.

Inta Simanska, membre du bureau de Civil Alliance Latvia a participé à l’atelier concernant la participation des ONG dans le processus décisionnel au niveau national (parlement et gouvernement). Elle a présenté le cadre de coopération nationale qui lie juridiquement les ONG au gouvernement et au parlement en  attirant l’attention sur les outils permettant l’accès aux décisions de politique prises et leur continuité. Les participants ont été intéressés d’apprendre que les représentants d’ONG lettons possèdent une fonction délibérative au Comité du Conseil des ministres  et lors de la réunion des Secrétaires d’Etat.

 

Revitalisation des quartiers, les habitants s’impliquent !

« La participation des citoyens à la régénération de quartiers européens », tel est le titre du projet[1] mené par 4 associations[2] qui sont convaincues qu’échanger les bonnes pratiques des activités qu’elles mettent en œuvre au niveau local pourrait améliorer leurs méthodes de travail.  Ces échanges renforceraient également l’impact de leurs activités en termes de degré d’implication du public cible dans leurs actions, mais aussi en termes d’influence sur les fonctionnaires et décideurs locaux, qui en connaissance d’initiatives menées dans d’autres Etats membres de l’UE pourraient modifier leur approche.

Cette newsletter souhaite apporter une visibilité aux actions menées par et pour des groupes d’habitants afin de gérer des espaces publics de Birmingham, Bruxelles, Bucarest et Vitrolles. Ils revendiquent plus de contrôle sur un quartier mieux adapté à leur mode de vie.


En Belgique, quelques habitants « éclairés » ont su exploité un contexte institutionnel favorable aux initiatives ascendantes. Et mobiliser leurs voisins pour rendre au quartier un espace jusqu’ici inaccessible. En Angleterre, en France et en Roumanie, des ONG locales déjà bien expérimentées, ont permis de renforcer un sentiment d’appartenance au quartier et de ce fait ont stimulé l’engagement des habitants. Elles accompagnent les habitants de ces quartiers dans l’identification des infrastructures publiques défaillantes ou manquantes et la construction d’alternatives.

Ces quatre initiatives de régénération urbaine participative peuvent être divisées selon différentes zones d'intervention. À Bucarest, une approche transversale a permis d’identifier les questions prioritaires pour la revitalisation du quartier (la gestion des déchets, les chiens errants, le manque de places de parking...). À Vitrolles, l'association partenaire s’est penchée sur l'histoire du quartier et a ainsi suscité la création d'identité collective. À Birmingham, le partenaire a basé son action sur le sentiment d'appartenance des habitants autour d’un espace commun : leur parc, dont la gestion est négligée suite à des difficultés financières rencontrées par la mairie. À Bruxelles, un groupe d'habitants tente de mobiliser le quartier autour de la création d'un potager collectif, comme espace de rencontre intergénérationnel convivial.

Afin de mobiliser les habitants, différentes méthodes ont été appliquées. D'une part, l'ONG roumaine, inspirée par les évolutions nord-américaines, a utilisé la méthode du «community organising». Ils ont opté pour une approche plus radicale par rapport aux trois autres villes partenaires dans la mesure où leur action n'est pas soutenue ou financée par les autorités publiques. Même si la participation des citoyens devient un élément graduellement pris en compte dans le discours des pouvoirs publics roumains, elle reste toutefois encore mal structurée. La participation des habitants n'est tout simplement pas considérée comme un élément transversal des politiques publiques en Roumanie. Les actions en Angleterre, en Belgique et en France sont plus ou moins menées main dans la main avec les autorités publiques locales. Le potager collectif reçoit par exemple le soutien financier du Ministère de l’Environnement de la Région de Bruxelles Capitale. Dans le cadre d'un programme de régénération financé par des fonds publics, l'organisation française a proposé à la ville de Vitrolles et à un organisme de logement social d’aller à la rencontre des habitants pour recueillir leurs témoignages. Et enfin, le groupe des «Amis du parc Sara », accompagné par l'ONG anglaise, collabore avec l’organisme public de gestion du parc pour son embellissement.

Nous espérons que cette newsletter incitera à la réflexion sur les processus de participation en milieu urbain et contribuera aux échanges de pratiques et expériences entre acteurs de différents pays européens.


1. Le projet est cofinancé par le Programme d’Action Communautaire « Europe pour les Citoyens » de l’Unité Citoyenneté de la DG Education, Audiovisuel et Culture de la Commission européenne. Retrouvez l’intégralité de la présentation du projet sur  http://www.beingcitizen.eu/index.php?option=com_content&view=article&id=103&Itemid=25&lang=fr
2. CeRe, Bucarest, Roumanie,  CSV Environment, Birmingham, EnglandPLS, Brussels, Belgium et  Récits, Vitrolles, France.

 

Le message des ONG concernant la nouvelle stratégie pour l’Union européenne s’est-il perdu en route ?

UE 2020La Commission a lancé en décembre dernier une consultation sur la stratégie de l’UE 2020 – stratégie qui énonce les grandes lignes des orientations de l’UE des 10 prochaines années.

La Commission s’est alors fixé des objectifs parmi lesquels figure l’ambition de « faire de l’UE une économie sociale de marché plus verte et plus intelligente »[1].

Les citoyens avaient jusqu’au 15 janvier 2010 pour faire part de leur avis via cette consultation publique. Y ont majoritairement répondu les organisations de la société civile organisée.

Après étude des avis exprimés (plus de 1 500 soumissions)[2], à l’approche du prochain conseil européen, la Commission a diffusé un communiqué faisant ressortir des premières conclusions…qui a entraîné une levée de boucliers chez les ONG européennes.

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